Un verre organique non traité renvoie environ huit pour cent de la lumière qui l'atteint. Ces huit pour cent ne vous parviennent pas : ils se perdent en reflets que vos interlocuteurs voient à votre place, et en halos autour des phares la nuit.
Des couches d'un quart de longueur d'onde
L'antireflet est un empilement de couches minérales d'épaisseur calculée — quelques centaines de nanomètres — qui font interférer la lumière réfléchie avec elle-même. Les ondes s'annulent. C'est de l'optique ondulatoire, pas un revêtement absorbant, et c'est pour cela qu'un antireflet a toujours une couleur résiduelle : il est impossible d'annuler toutes les longueurs d'onde à la fois.
Un antireflet vous fait gagner de la lumière, il ne vous en fait pas perdre. C'est l'inverse exact de ce que beaucoup de gens croient.
Ce qu'on lui prête à tort
Il ne filtre pas la lumière bleue, sauf si on le lui demande explicitement — et c'est alors un traitement différent, qui se voit à son reflet bleuté. Il ne rend pas le verre plus résistant : c'est le durcissement, une autre couche, qui s'en charge. Il ne repose pas les yeux fatigués, il améliore seulement le contraste, ce qui est déjà beaucoup la nuit au volant.
Sa vraie fragilité
L'antireflet craquelle à la chaleur. Un verre laissé sur un tableau de bord en été, ou nettoyé à l'eau très chaude, développe un réseau de microfissures que l'on distingue à contre-jour. Rien ne les rattrape : il faut refaire le verre. C'est la raison pour laquelle nous insistons autant sur l'étui et sur le nettoyant sans alcool, deux objets que personne n'a envie d'acheter.
Ines Chaabane — Wael Optique, Monastir.







