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Santé visuelle

Lumière bleue : ce qui est établi et ce qui ne l'est pas

Le filtre le plus vendu du marché repose sur un mélange de faits solides et d'affirmations que rien n'étaye. Démêlage.

Écrit par
Mehdi Mabrouk
Publié le
Lecture
6 min

Nous vendons des verres filtrants. Nous en vendrions davantage en disant ce que disent la plupart des publicités, et nous préférons dire autre chose.

Ce qui est solide

La lumière bleu-turquoise, autour de 480 nanomètres, agit sur l'horloge biologique. Une exposition le soir retarde la sécrétion de mélatonine et décale l'endormissement : c'est documenté, reproductible, et cela vaut pour n'importe quelle source lumineuse intense, écran ou plafonnier.

Ce qui ne l'est pas

Qu'un écran abîme la rétine. Les doses de bleu-violet émises par un téléphone sont des ordres de grandeur en dessous de ce qu'une journée nuageuse délivre à l'extérieur. Aucune étude clinique n'a établi de lien entre usage d'écrans et lésion rétinienne, et les autorités sanitaires qui se sont prononcées le disent.

La fatigue devant un écran est réelle. Elle vient du clignement, de la distance et de l'accommodation — pas de la couleur de la lumière.

Ce qui marche vraiment

Devant un écran, on cligne trois fois moins souvent qu'en conversation. Le film lacrymal s'évapore, l'œil pique, la vision se trouble par intermittence. Le remède n'est pas un filtre : c'est de regarder au loin vingt secondes toutes les vingt minutes, de baisser l'écran sous le niveau des yeux pour réduire la surface exposée, et éventuellement une faible correction de proximité si le travail est long.

Nous proposons donc le filtre pour le confort du soir et pour ceux qui le trouvent reposant — ils existent, et leur ressenti compte. Jamais comme une protection contre une maladie.

Mehdi Mabrouk — Wael Optique, Monastir.

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